16 janvier 2008
Les extraits au CO2 en question
Les extraits au CO2 m’intriguaient depuis longtemps mais je n’arrivais pas à trouver beaucoup d’informations, et encore moins de fournisseurs en proposant en France. A force de recherches, j’ai fini par comprendre l’utilité des extraits au CO2 et leur différence avec les huiles essentielles. La différence entre l’extrait au CO2 et l’huile essentielle concerne leur mode d’extraction.
L’huile essentielle : l’extraction par entraînement à la vapeur d’eau :

source photo : www.exchem.fr
Le principe de l’alambic est assez simple : on chauffe de l’eau dans laquelle macèrent les plantes dont on veut obtenir l’essence. L’eau ainsi chauffée va progressivement se transformer en vapeur d’eau et entraîner avec elle des molécules non miscibles dans l’eau. Le refroidissement de la vapeur va entraîner une condensation et la séparation de deux phases : l’eau qui deviendra l’hydrolat et les fameuses molécules que l’on a cherché à extraire qui ne se mélangent pas dans l’eau et restent en surface.
L’extrait CO2 : l’extraction par CO2 supercritique

source photo : www.exchem.fr
Comment fonctionne cet extracteur bizarroïde ?
Le principe est le suivant : on utilise le CO2 dans un état particulier : un état supercritique, c'est-à-dire qu’il n’est ni liquide, ni gazeux, mais il est les deux à la fois. Pour arriver à son point supercritique, le CO2 subit des transformations grâce à des conditions de température et de pression particulières, que l’on fait varier en fonction du résultat que l’on veut obtenir.
Pourquoi l’état supercritique est-il intéressant ?
L’état gazeux va pénétrer le cœur des cellules pour en extraite les molécules qui vont ensuite se dissoudre dans l’eau de la cellule. Puis, la vapeur empreinte de ces molécules va s’échapper du corps cellulaire. Ensuite, il suffit de modifier les conditions de pression et de température pour transformer l’état supercritique en gaz et le récupérer chargé des molécules.
Les différences liées à la méthode d’extraction
La première des choses concerne l’entraînement à la vapeur d’eau, qui, du fait de sa température élevée, peut thermiquement dénaturer voire dégrader certains composants des huiles. L’autre désavantage de cette technique d’extraction concerne la sélectivité des parties de la plante. En effet, on ne récupère par cette méthode que les composés non miscibles dans l’eau. Enfin, l’utilisation de l’entraînement à la vapeur d’eau présente un faible rendement et un temps d’extraction élevé.
Par comparaison, l’extraction au CO² supercritique permet d’extraire les principes actifs à température tout à fait modérée (environ 30°c). De plus, on peut agir sur les conditions de pression pour choisir d’extraire uniquement les composés huileux volatiles (extraction sélective ou se) par moindre pression ou bien l’intégralité des principes actifs par forte pression. Enfin, l’extrait obtenu est « pur », c'est-à-dire qu’il ne contient plus aucune trace de solvant, pesticide et autre produit chimique que la plante a pu rencontrer au cours de son existence.
Sources d'information: www.exchem.fr, études de Ebrahimzadeh (2003), Pourmortazavi (2007), Safaralie (2008)
10 octobre 2007
Le point sur les conservateurs: les antimicrobiens
Définition : Un
conservateur est une substance capable d’empêcher l’altération chimique ou
microbiologique d’un produit.
On
classe parmi ce qu’on appelle conservateur deux classes de produits :
- Ceux
qui vont avoir un effet sur l’oxydation due à l’oxygène, ce sont les
antioxydants
- Ceux
qui vont avoir un effet sur la prolifération bactérienne et fongique
(champignons) : ce sont les conservateurs antimicrobiens.
En
réalité, il serait plus juste de parler de conservateur uniquement pour ceux à
l’action antimicrobienne. Ce post traite seulement des conservateurs
antimicrobiens, un autre sera consacré aux antioxydants.
Sauf
apparence ou odeur suspecte, on ne voit pas ces altérations à l’œil nu, il faut
donc prévenir plutôt que de prendre le risque que notre préparation soit
bourrée de microbes, champignons et autres bactéries : un, on passe du
temps à élaborer une préparation pleine d’agents actifs et d’huiles précieuses,
ce serait dommage que tous ces produits soient altérés et rendent nos crèmes
inefficaces ; deux, la contamination peut être dangereuse pour la peau
comme pour le corps, d’autant qu’on ingère un peu sans s’en rendre compte les
crèmes qu’on se tartouille sur le visage.
Avant
d’entamer notre petite analyse, dois-je rappeler les BPF (ie les Bonnes
Pratiques de Fabrication) ? Il ne sert en effet à rien d’ajouter toute
sorte de conservateur et antioxydant à nos préparations si celles-ci ne sont
pas fabriquées dans des conditions optimales, à commencer par la stérilisation
de tout notre matériel…
A savoir
- Il
existe des éléments nutritifs pour les bactéries. Leur présence dans nos
produits nous rendra donc particulièrement vigilantes : vitamines,
protéines, sucres par exemple
- Un
produit qui ne contient pas d’eau (anhydre) sera moins sujet au développement
des bactéries, qui se développent de façon préférentielle en milieu aqueux.
Les conservateurs antimicrobiens
Les parabens (Methylparaben, Propylparaben, Ethylparaben, Butylparaben)
Il
existe un certain nombre d’idées sur les parabens, mais peu de données
scientifiques accompagnent les allégations que l’on porte sur ces produits. J’ai
étudié le dernier article de l’équipe de El hussein et ses collaborateurs
(2007) sur l’évaluation des parabens utilisés en cosmétique sur l’épiderme
humain. Les résultats sont sans ambiguité : les molécules chimiques, à
utilisation prolongée, s’accumulent dans la peau, avant d’être transportés par
le sang et s’installer dans les tissus humains. Ces éléments sont en faveur
d’une toxicité chronique, puisque 90% des produits cosmétiques de consommation
courante contiennent des parabens, et que le consommateur les utilise
quotidiennement. La toxicité des parabens a été démontrée par plusieurs équipes
scientifiques (Mathews et col., 1956 ; Routledge et col., 1998 ;
Darbre, 2004).
De
quelle façon les parabens sont-ils toxiques ?
En gros, la
peau contient des enzymes qui sont capables de transformer une molécule
chimique absorbée pour la rendre soluble dans l’eau, et ainsi l’éliminer plus
facilement à travers la bile ou l’urine. Or, ce mécanisme ne fonctionne pas toujours
avec les parabens, qui subsistent à l’intérieur des tissus humains, ne sont pas
dégradés et contribuent de ce fait à une toxicité chronique.
Les
parabens sont « oestrogènes-like », c'est-à-dire qu’ils imitent
l’action des oestrogènes et augmentent ainsi la prolifération des cellules
cancéreuses (Andersen et col, 2000-2001). Ils pourraient influencer le
développement des cancers du sein. Chez l’homme, l’application prolongée des
parabens entraînerait une baisse de la sécrétion de la testostérone.
Le Formaldéhyde
Sa
réputation n’est plus à faire. Le Centre International de Recherche sur le
Cancer (CIRC) l’a classé comme cancérogène pour l’homme, je pense que ça se
passe de commentaire…Parmi les effets toxiques de ce produits :
irritations sévères de la peau et des yeux, cancers nasopharyngés, allergies
cutanées, effets neurotoxiques, possible risque d’augmentation des leucémies. A
priori, plus de risque de présence de formaldéhyde dans les produits de beauté.
A priori seulement…..En effet, on le retrouve quand même dans des substances
conservatrices libératrices de formaldéhyde comme l’Imidazolidinyl
Urea ou le diazolidinyl urea.
Le phénoxyéthanol
On
ne compte plus les produits contenant du phénoxyéthanol. Comme les parabens ou
le formaldéhyde, c’est pourtant un produit à fort potentiel allergisant. Entre
autre effets, citons : le risque de cancer, le fort potentiel irritant
pour la peau et les yeux, les effets sur le système endocrinien et rénal…Je ne
m’étends pas plus sur la question…
Le Germall + (Propylene Glycol (and) Diazolidinyl Urea (and)
Iodopropynyl Butylcarbamate)
Le
germall + est souvent utilisé par les tambouilleuses maison en lieu et place
des parabens. Pourtant, le germall+, s’il ne comporte pas de parabens, contient
des substances aussi douteuses. Par exemple, l'Iodopropyl butylcarbamate, qui libère de
l’iode lors de son utilisation et qui augmente le risque de troubles
thyroïdaires. Bryld et ses
collaborateurs (1997) ont montré qu’il possédait des effets irritants et
allergisants. La Norvège et l’Allemagne
ont même proposé de retirer ce produit de la liste des ingrédients autorisés
dans les cosmétiques. L’autre composant du Germall+, le diazolidinyl urea,
n’est pas mieux loti : c’est un libérateur de formaldéhyde.
Mais, alors,
quelles sont les alternatives à ces conservateurs possiblement toxiques et
cancérigènes ?
A
notre échelle, nos produits sont utilisés rapidement. Si en plus, on prend soin
de les conserver au réfrigérateur, on diminue les chances de contamination. Mais
si on veut vraiment y introduire des conservateurs antimicrobiens, on peut
quand même trouver des alternatives à ceux décrits ci-dessus.
Le sorbate de
potassium (Potassium sorbate)
Le
sorbate de potassium ou sel de potassium d'acide sorbique est d’origine
synthétique ou naturelle (la plupart du
temps extrait du fruit du frêne). C’est un conservateur efficace contre les
moisissures et les levures, mais pas sur les bactéries. Il est utilisé dans de
nombreux produits alimentaires et dans le vin. Il est considéré comme inoffensif pour le consommateur et je n’ai
trouvé aucune donnée scientifique sur son éventuelle toxicité. De plus, il est
autorisé dans les produits bio BDIH (nomenclature allemande). Il est donc
intéressant à notre niveau mais ne suffit pas pour empêcher la prolifération
des bactéries.
A
noter : il n’est efficace que dans un excipient dont le ph ne dépasse pas
6.5. Il faut donc mesurer le ph et l’ajuster pour utiliser ce produit (on fait
descendre le ph avec de l’acide lactique en général).
Phase :
soluble dans l’eau
Utilisation :
de 0.15 à 0.3%
Le Benzoate de
sodium (Sodium Benzoate)
C’est
le sel de sodium de l’acide benzoïque. Comme le sorbate de potassium, il est
également utilisé dans les cosmétiques soumis à la nomenclature Allemande BDIH.
La plupart des études de toxicité ont révélé que ce produit était à priori sûr
pour l’homme.
Les huiles
essentielles
Et
oui, certaines huiles essentielles possèdent des propriétés antibactériennes et
antifongiques remarquables, et….quoi de plus naturel qu’une huile
essentielle ? Attention toutefois, je rappelle que l’utilisation des
huiles essentielles est sujette à caution car elles sont très puissantes et ne
peuvent être utilisées qu’en ayant les connaissances adéquates sur leur mode
d’utilisation et d’application et leurs effets secondaires. Certaines peuvent
provoquer des allergies, veillez donc toujours à tester leur effet avant toute
utilisation.
Parmi
les familles biochimiques que constituent les huiles essentielles, ce sont les
alcools et les phénols qui possèdent les propriétés antifongiques et
antibactériennes les plus remarquées. Citons quelques unes de ces huiles
essentielles :
Le
Laurier noble (Laurus nobilis) : D’après D. Baudoux :
antibactérienne remarquable et antifongique puissante. Son efficacité a été
démontrée par Maccioni et col (2002), notamment en synergie avec l’Eucalyptus
globulus et la sauge officinale.
La
cannelle écorce (Cinnamomum cassia) : antibactérienne à large
spectre très puissante et fongicide. Malheureusement, elle est dermocaustique (ne jamais l’utiliser
à l’état pur) et nécessite d’extrême précaution quant à son utilisation.
Et
aussi l’Eucalyptus globulus (Eucalyptus globulus).
Source photo: http://www.astro.northwestern.edu/rasio/AstrobioJRS/
05 octobre 2007
Après-shampooing: les agents conditionnant à la loupe
Toujours dans ma phase soin du cheveu et très insatisfaite des différents après-shampooings « naturels » achetés une fortune et inefficaces pour la plupart sur mes cheveux, je cherche l’agent conditionnant le plus naturel et écologique possible pour me lancer dans la fabrication maison. J’ai donc regardé les différents sites susceptibles de m’en fournir et je me suis vite aperçue qu’il y avait une offre assez large mais finalement peu d’informations sur les produits, aux noms plus ou moins effrayants pour certains. Ca fait donc quelque temps que j’essaie de rassembler des informations pour faire le meilleur choix, tâche somme toute assez ardue car contrairement aux ingrédients naturels classiques (huiles végétales, huiles essentielles, cires…), on trouve peu d’occurrences sur le web au sujet des agents conditionnant. Voici donc ce que j’ai pu trouver, la liste est non exhaustive et je l’améliorerai si je trouve d’autres infos.
La plupart des agents conditionnant sont classés dans
la catégorie des tensioactifs cationiques, qui libèrent une charge positive en
milieu aqueux et de ce fait, interagissent bien avec la kératine, qui elle est
chargée négativement. C’est pour ça qu’ils possèdent des propriétés
antistatiques et donnent un aspect doux et soyeux aux cheveux, en formant un film. Parmi les
tensioactifs cationiques, les plus connus sont les sels d’ammonium, mais il en existe d'autres.
Le groupe des ammoniums quaternaires, aussi appelés « quats » en
anglais, peuvent provoquer le dessèchement du cheveu à long terme. Ils sont
irritants et peuvent provoquer des allergies.
Source: http://www.alkalizeforhealth.net/Ltoxiccosmetics.htm#10
Autre source : http://www.mbm.net.au/health/cosmetics/q.html
Heureusement, il y a diverses techniques pour rendre
les sels d’ammonium moins agressifs, en introduisant notamment des fonctions
amides et alcools.
Source : http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doschim/decouv/peau/loupe_familles.html
Malgré
des heures passées sur le web, j’ai récolté de très maigres informations sur les compositions des agents conditionnants, alors j’ai contacté une société qui
travaille sur le développement de bioproduits et de bioénergies (ADEME) ainsi
que la société perles de Provence, qui n’utilise pas de sels d’ammonium
synthétique mais en utilise d’autres, issus de matière végétale. Mr Boniface,
de la société ADEME, a répondu à ma question sur la différence entre les sels d’ammonium
synthétiques et les sels d’ammonium naturels : ce n’est pas l’origine qui
va déterminer l’éventuel effet nocif du produit mais les propriétés bactéricides
des différentes molécules car ce sont elles qui traduisent une certaine
toxicité. J’en profite au passage pour remercier ce monsieur, qui a très gentiment
répondu à ma question et rapidement en plus. Quant à la société perles de Provence,
j’attends toujours sa réponse.
Enbref, dans la famille des tensioactifs cationiques, donc des agents démélants, on trouve:
- les sels d'ammonium quaternaires
- les amines (primaire, secondaires, tertiaires, diamines, polyalines, sels d'amines)
- les dérivés d'imidazole
- les dérivés de bétaine
-les esterquat et diesterquat
Certains, comme les esterquat et diesterquat, sont plus facilement biodégradables mais je n'ai pas trouvé beaucoup plus d'informations (je continue mes recherches).
A partir de là, je n’ai plus les compétences pour
décrypter ce qui se cache derrière les agents conditionnant proposés à la
vente, je vais donc me fier à leur présence ou non dans les cosmétiques
certifiés « bio » (95% minimum des ingrédients végétaux
certifiés bio sur le total des ingrédients végétaux et 10% minimum des
ingrédients végétaux certifiés bio sur le total des ingrédients (y compris
l'eau) et « éco » (95% d’ingrédients naturels, au minimum 5%
d’ingrédients BIO sur le produit fini et 50% d’ingrédients BIO sur le total des
ingrédients végétaux)
Attention : Je me suis fiée uniquement aux INCI, car on trouve souvent le même produit sous des appellations très différentes et que seul l’INCI nous donne la composition exacte.
Polyquaternium (-1,-2,-4,-5,-6,-7,-8,-9,-10,-11,-12,-13,-37)
et quaterniums
Les polyquaternium sont des composés synthétiques aux
propriétés antistatiques. On les appelle également « sels d’ammonium
quaternaires ». Ils sont à utiliser avec précaution car peuvent être toxiques
selon la dose employée dans le produit. Ils sont beaucoup utilisés dans les
produits pour les cheveux mais aussi comme agents de conservation. Ils sont
classés comme « satisfaisants » par Rita Stiens. Je ne suis pas
chimiste mais je suis assez étonnée car ils sont possiblement toxiques et difficilement biodégradables. De plus, elle note les quaterniums
« insuffisants », alors que les polyquaterniums ont autant de méfaits
que les quaterniums.
Proportion recommandée: 0,2 à 5 %
Phase: aqueuse
Je n’en n’ai retrouvé dans aucune produits labellisés
(soit « bio », soit « naturels contrôlés »), uniquement
dans les produits de grandes marques de consommation courante.
Stearamidopropyl Dimethylamine
Cet agent conditionnant est produit à partir d’acide stéarique d’origine végétale. Il agit à la fois comme émulsifiant et comme « démêlant », et rend les cheveux doux et faciles à coiffer. Il agit mieux en synergie avec l’acide lactique ou l’acide citrique (à hauteur de 0,5 à 1%). L’ajout d’acide lactique ou citrique permet de neutraliser les amines et de réduire l’effet destructeur des composés d’ammoniums quaternaires sur la fibre capillaire.
Edit: le dimethylamine est un gaz inflammable incolore (voir ce lien et cet autre lien)
En ce qui concerne le stearamidopropyl, j'ai trouvé cette information: c'est un ester d'acide gras d'origine naturelle ou synthétique (information ici). Celui vendu par Aromantic est d'origine naturelle. Mais pour obtenir cet ester d'acide gras, il a bien fallu faire subir à l'acide stéarique une transformation chimique, puis ensuite l'associer au dimethylamine pour en faire un agent conditionnant. C'est en cela que le produit ne peut pas être qualifié de naturel, mais de dérivé d'origine naturelle.
Proportion recommandée : 4 à 5%.
On retrouve cet agent conditionnant dans les produits Lavera.
Cetrimonium chloride (Balsam)
Un sel quaternaire d’ammonium qui provient d’acides gras
dérivés d’huile de palme et de noix de coco. Cette matière première d’origine
naturelle a des propriétés antistatiques, conditionnantes, toniques et
démêlantes pour les cheveux. Classé comme « satisfaisant par Rita Stiens.
(Source : http://www.biocosmeo.fr/pageLibre00010001.html)
Proportion recommandée : 2 à 3%
Phase : Aqueuse
Hydroxypropyltrimonium hydrolyzed soy
protein
Ce composé est
issu du soja qui a été chimiquement modifié pour obtenir un conditionnant qui
possède des propriétés antistatiques et adoucissantes pour les cheveux.
Proportion
recommandée : 2 à 10%
Phase :
aqueuse
A noter :
le procédé est identique pour tous les noms INCI qui commencent par « Hydroxypropyltrimonium
hydrolyzed » et qui sont suivis d’une substance naturelle (rice bran,
keratin, silk, vegetable protein…)
Guar hydroxypropyltrimonium chloride
Ce produit est un dérivé de
la gomme de guar et possède des propriétés conditionnantes. Il permet de donner
du corps et du volume aux cheveux, et les rend plus doux. Il agit également sur
la viscosité du produit, lui donne du volume et stabilise la mousse. Il aide
aussi à la formation d’un film protecteur sur la peau. Classé comme
« satisfaisant » par Rita Stiens.
Proportion
recommandée : 0,1 à 2%
Phase : aqueuse (à
dissoudre complètement dans l’eau)
On retrouve cet agent dans
les produits Melvita.
Ricinoleamido-propyltrimonium methosulfate
Composé
d’ammonium quaternaire doux, produit à partir de l’huile de ricin. Il possède
des propriétés antistatiques, démêlantes et adoucissantes pour le cheveu.
Proportion :
2 à 10%
Phase :
aqueuse
Behentrimonium Methosulfate et Cetearyl Alcohol
Ce composé d’ammoniums quaternaires, dérivé de l’huile de graine de Colza, est utilisé comme démêlant pour les cheveux mais aussi comme agent adoucissant pour la peau, à laquelle il procure une sensation poudrée. Il donne du corps et de la douceur aux cheveux, qui sont plus faciles à démêler. Il agit également comme émulsifiant et texturisant, ce qui rend inutile tout ajout d’épaississants supplémentaires dans la préparation.
Proportion recommandée : 1 à 10%
Phase : aqueuse
Température : 60°C
Conclusion
En conclusion, il est quand même difficile de s’y retrouver
mais si je dois me laisser tenter, je pencherais pour le Stearamidopropyl
Dimethylamine utilisé par Lavera ou le Guar hydroxypropyltrimonium
chloride utilisé par Melvita, même si ces produits n’ont pas encore été
labellisés (tous les produits fabriqués par une marque ne porte pas forcément
un label, ils sont délivrés au cas par cas). Des différents agents conditionnant
détaillés, aucun n’est naturel, certains en sont parfois dérivés mais ce n’est
pas ce qui garantit son absence de toxicité. Comme expliqué dans l’introduction,
c’est la réaction chimique qui s’opère entre le tensioactif cationique et la
kératine qui donne à l’agent conditionnant ses propriétés qu’on recherche
pratiquement toutes dans un après-shampooing. Alors un choix s’impose : soit
on opte pour le tout naturel, soit on accepte que son produit contienne à
hauteur de moins de 5% un ingrédient non naturel. C’est un peu la même
réflexion qui s’opère quand on décide de faire le choix d’ajouter des
fragrances dans nos savons…
28 septembre 2007
La fabrication du shampooing
J'ai glané
quelques informations intéressantes sur le site suivant: http://www.makingcosmetics.com/
Il y est notamment question de la fabrication de shampooing à base de
surfactants (ou bases lavantes) comme dans le commerce. Il y a biensûr certains
ingrédients à proscrire mais ce petit document nous apporte des informations
quant à la formulation de nos propres shampooings, avec nos ingrédients
"naturels". Pour commencer, voici la description qu'ils font de la
composition, en terme de proportions:
|
Ingrédient |
Proportions |
Fonction |
|
Eau distillée |
50-80% |
Base |
|
Surfactant primaire |
8-12% |
Nettoyant, producteur de mousse |
|
Surfactant secondaire |
2-5% |
Nettoyant, producteur de mousse, réducteur
d’irritation, réducteur de dessèchement |
|
Epaississant |
2-5% |
Augmente la viscosité |
|
Conditionnant |
0,1-1% |
Lissant, adoucissant |
|
Amplificateur de mousse |
1-2% |
Comme son nom l’indique ( J) |
|
Stabilisateur de mousse |
0,1-1% |
Idem |
|
Agent de suspension |
|
Suspend les particules solides |
|
Opacifiant |
1-2% |
Effet « pearlescent » (j’ai pas trouvé
la traduction, nacré ?) |
|
Conservateur |
0,1-0,5% |
Prévient le rancissement |
|
Ingrédients actifs |
Selon les
besoins |
Dépendent des effets désirés |
|
Fragrance |
Selon les
besoins |
Chacun ses gouts… |
|
Colorant |
Selon les
besoins |
Avec ou sans… |
Alors maintenant, un petit quid de ces ingrédients, adapté à notre philosophie donc je proscris parabens et autres SLS, et privilégie les ingrédients naturels ou issus de produits naturels, vous l’aurez compris :
L’eau distillée
L’eau distillée, indispensable, entre dans la préparation de nombreux cosmétiques naturels, on peut aussi la remplacer par des hydrolats floraux. On remarque tout de suite l’avantage d’une telle proportion d’eau dans le shampooing : l’économie réalisée ; parce que si, à l’achat, la note monte vite entre les surfactants, les huiles essentielles, les gommes, les beurres…, la production est vite rentabilisée du fait de la petite quantité nécessaire à chaque chois à la réalisation de tel ou tel produit.
Les surfactants
Un surfactant (SURface ACTive Agents ou tensioactif) a la propriété de pouvoir mélanger l’huile et l’eau, du fait de la polarité de ses composants : l’un soluble dans l’huile, et l’autre soluble dans l’eau. Il existe deux sortes de surfactant, que l’on classe selon ses propriétés :
Les surfactants primaires sont les composants clés des shampooings, ils sont responsables de la formation de mousse et du pouvoir nettoyant du produit final. On trouve parmi eux :
- Mipa Lauryl (ou laureth) sulfate : à ne pas confondre avec le Sodium Lauryl Sulfate (SLS), qui est un détergent synthétique, irritant et allergisant.
- Bétaine
(ou Cocobétaine) :
Détergent doux trouvé à l'état naturel dans le beurre de noix de coco. Non
Toxique, non irritant.
Le Beta (Betaine) : c’est un surfactant employé avec le surfactant primaire pour l’adoucir. Il est également produit à base de plante et d’huile de noix de coco.
Le sugar (Cecyl
Glucoside & Cocoamidopropyl Betaine) : produit à base du sucre de
betterave, ce surfactant secondaire permet d’augmenter la stabilité et la
quantité de mousse du produit.
Un mix des deux types de surfactants représente donc la meilleure combinaison.
Les épaississants
Les épaississants sont des agents de texture, qui permettent d’épaissir plus ou moins le produit. On trouve parmi eux :
Les gommes : La gomme de xanthan, la gomme de guar, l’agar agar, la gomme de cellulose permettent d’obtenir des textures plus ou moins gélifiées en fonction de la quantité. Il semble que le sel ait aussi un effet épaississant mais je n’ai jamais essayé.
Les gommes agissent également comme stabilisateur
de mousse, ainsi que comme agent de suspension.
Les conditionnants/ amplificateurs de mousse
Quaternary compound (quaternium 87) : ils sont censés (d’après le document de makingcosmetics) réduire l’électricité statique et produire un effet brillant sur le cheveu. J’ai fait des recherches mais n’ai pas trouvé l’équivalent français et je ne pense pas que ce soit un composé dérivé de produits naturels. Idem pour l’amplificateur de mousse (sarcosinate, lactylate), inconnu au bataillon.
Les conservateurs
Parmi les conservateurs qu’on utilise le plus en cosmétique naturel, on trouve l’extrait de pépins de pamplemousse (anti-bactérien et anti-fongique) et la vitamine E (anti-oxydante). Ces deux « conservateurs » permettent en fait de limiter la prolifération de bactéries mais une des meilleures méthodes de conservation consiste encore à conserver le produit au réfrigérateur, en plus de l’ajout de ces deux produits dans votre préparation.
Les ingrédients actifs
Les vitamines : vitamine A, vitamine C, pro vitamine B5 (D-panthenol).
L’Aloe vera : ajouté aux préparations, l’aloe vera possède des propriétés apaisantes, hydratantes et réparatrices.
La glycérine : la glycérine (végétale of course) a des vertus émollientes et adoucissantes et permet de prévenir la déshydratation de la peau et des cheveux.
Les huiles essentielles : en fonction des propriétés du cheveu, ou tout simplement de l’odeur souhaitée, il existe un large choix d’huiles essentielles.
L’Omega : Il est dérivé de l’huile d’olive et est considéré comme un agent hydratant.
La phytokératine : c’est une protéine qui provient du blé ou du maïs et qui favorise la brillance, la réparation et la santé du cheveu.
Les protéines de soie :
elles ont des vertus restructurantes et réparatrices, et permettent d’augmenter
le pouvoir d’hydratation du produit.

